Mercredi 29 août 2007

L'ancien premier ministre de Georges Pompidou s'est éteint mercredi à l'âge de 91 ans.

 
Le jour même des obsèques de Raymond Barre, la France a perdu un autre ancien premier ministre. Pierre Messmer est décédé mercredi en fin d'après-midi, à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris.
 
Né le 20 mars 1916 à Vincennes, ce gaulliste de la première heure, avait rejoint le général de Gaulle à Londres dès le 17 juillet 1940 et s'était engagé dans les Forces françaises libres à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE). Il avait participé à de nombreux combats de la France libre, dont ceux de Bir Hakeim, d'El Alamein et de la libération de Paris.
 
Compagnon de la Libération dès 1941, il avait été nommé chancelier de l'ordre de la Libération en juin 2006, suite au décès du général Alain de Boissieu. Après la guerre, il avait occupé plusieurs postes dans l'administration coloniale en Afrique.
 
Pierre Messmer avait également été ministre des Armées du général de Gaulle (1960-1969) et premier ministre de Georges Pompidou de juillet 1972 à mai 1974. Il avait été également député UDR puis RPR de Moselle (1968-1988), conseiller régional (1968-1992) et président du Conseil régional de Lorraine, conseiller général de Moselle (mars 1970-mars 1982) et maire de Sarrebourg pendant 18 ans (1971-1989). Il avait présidé le groupe RPR à l'Assemblée nationale de 1986 à 1988.
 
Plus que 63 compagnons
Pierre Messmer était par ailleurs membre de l'Académie des sciences d'Outre-mer depuis 1976 et membre, depuis 1988, de l'Académie des sciences morales et politiques avant d'en devenir le secrétaire perpétuel (1995-1998). Il est également chancelier de l'Institut de France (1998-2005) puis chancelier honoraire.
 
 
 
Il avait enfin présidé l'Institut Charles de Gaulle (1992-1995) puis la Fondation Charles de Gaulle (1995-1998). Pierre Messmer est élu, le 25 mars 1999, à l'Académie française au fauteuil de Maurice Schumann.
 
En octobre 2001, Pierre Messmer avait succédé au général d'armée Jean Simon à la présidence de la Fondation de la France libre.
 
Après son décès, il ne reste plus que 63 Compagnons de la Libération en vie.
 
Pierre Messmer était notamment grand'croix de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, Croix de guerre 1939/1945 avec six citations et officier de l'American Legion.

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Samedi 25 août 2007


François Bayrou a salué en Raymond Barre, décédé à Paris à l'âge de 83 ans, un "homme d'Etat" qui "tenait le cap" et appportait "courage et altitude" au monde politique.
"Ce sont beaucoup de souvenirs, beaucoup d'années d'engagement", a déclaré François Bayrou.
"Raymond Barre a été soutenu, admiré, aimé, par beaucoup de Français, parce qu'il était un homme d'État, c'est-à-dire quelqu'un qui mettait l'intérêt général de son pays au-dessus des intérêts particuliers des clans, des partis, ou des hommes. Y compris au-dessus de ses intérêts personnels.
C'est ainsi qu'un lien particulier s'était créé entre les Français et lui. Il inspirait confiance, sa parole était crédible, y compris auprès de ceux qui ne partageaient pas ses idées.
Et il tenait le cap. Il suffit de rappeler que, Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing, dans une des périodes les plus difficiles de notre histoire récente, la France est en 1981 un pays modernisé et les moins endettés du monde occidental.
Il y avait en lui un goût de la liberté qu'il défendait avec drôlerie, avec jubilation, parfois avec provocation, refusant les compromissions habituelles à un monde politique auquel il apportait courage et altitude."


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Mercredi 1 août 2007

Le financement des PME sans manichéisme
Par Christian Gaudin - La Tribune, 20 juillet 2007

À l'issue de près d'un an de travaux, je viens de remettre, au nom de la mission commune d'information sénatoriale présidée par Philippe Marini, un rapport sur le développement des centres de décision économique. Il en ressort que la course à laquelle se livrent les grandes métropoles pour attirer sur leurs sols les quartiers généraux des multinationales ne saurait résumer à elle seule le débat sur le développement pérenne des centres de décision économique et de l'attractivité des territoires. Il est tout aussi essentiel de s'intéresser au développement des centres de décision économique à taille humaine que constituent nos petites et moyennes entreprises.

Celles-ci entretiennent généralement un lien fort avec leur environnement économique immédiat, cet ancrage étant renforcé dans le cas d'entreprises dites " familiales " pour lesquelles l'impératif de rentabilité coexiste avec le souci d'assurer une continuité de l'entreprise au profit des générations suivantes. En revanche, si elles demeurent trop locales ou si elles n'atteignent pas la "taille critique", les PME risquent de ne pas être suffisamment performantes et de disparaître. Le maintien des centres de décision économique en France constitue donc, s'il en était besoin, une raison supplémentaire de favoriser la croissance de nos PME.

Sur ce point, la mission d'information formule des propositions en faveur du développement de l'épargne longue. Il ne faut pas non plus exclure que nos PME doivent se développer au moyen de prises de participation majoritaire dans leur capital. Nos travaux démontrent qu'il est dangereux de considérer de façon manichéenne comme de " bons rachats " de nos PME ceux qui émaneraient de groupes industriels et comme de " mauvais rachats " ceux émanant de fonds d'investissement, a fortiori étrangers.

Chacun connaît les risques représentés par certaines catégories de fonds dont l'horizon d'investissement conduit à une recherche de rentabilité à court terme. Ces pressions ne sont d'ailleurs pas le seul fait des fonds de court terme, ils peuvent aussi résulter de la succession dans le temps de plusieurs opérations " longues " de type LBO (leverage buy-out) puisque les troisième ou quatrième repreneurs de l'entreprise doivent rechercher des gains de rentabilité supplémentaires par rapport aux mesures d'amélioration des performances déjà engagées par leurs prédécesseurs.

Si aucun de ces risques ne doit être oublié, il convient de rappeler que le parti pris anti-fonds d'investissement, animé par la volonté de maintien en France de capacités de décision et de production, aboutit à l'inverse du résultat recherché. En cette matière, le mieux est l'ennemi du bien. Par exemple, si les fonds Carlyle et Eurazeo n'avaient pas investi dans Terreal, une entreprise de tuiles sortie du giron de Saint-Gobain, cette société aurait été reprise par Wienerburger, un groupe autrichien. À moyen terme, le centre de décisions de Terreal aurait disparu, et les savoir-faire de cette entreprise auraient été transférés vers l'Autriche.

Cet exemple n'a rien d'étonnant dès lors qu'un fonds, tel qu'un fonds de capital-investissement ayant des objectifs sur trois à cinq ans, vise à développer et à améliorer les performances de l'entreprise, ce qui passe souvent par son développement. En revanche, un repreneur industriel - surtout si c'est un concurrent - peut avoir pour intérêt principal la rationalisation de l'outil de production, voire l'utilisation de l'entreprise rachetée au profit de son propre groupe. Or nous sommes aujourd'hui confrontés à un moment historique où se conjuguent deux phénomènes. D'une part, certaines entreprises familiales qui n'ont pas une dimension européenne ont besoin de relais capitalistiques pour se maintenir sur les marchés français et européen. D'autre part, des grands groupes qui étaient à l'origine des conglomérats français sont amenés, dans le cadre de leur développement international, à céder des entreprises petites ou moyennes qui ne font pas partie de leur coeur de métier. Il faudra donc trouver des moyens de financement pour ces deux catégories d'entreprises. Il est essentiel, dans cette perspective, de sortir du manichéisme tant l'enjeu du développement de nos PME participe de l'objectif de souveraineté économique qui a animé les travaux de la mission d'information du Sénat.


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Mercredi 1 août 2007

Tout d’abord, il convient de saluer la mise en place d’une commission pluraliste composée de personnalités de droite, de gauche et du centre ainsi que de juristes constitutionnels. Il faut souhaiter que chacun des membres gardera une liberté de parole et de convictions.

 

La limitation du nombre de ministres, souhaitée par François BAYROU lors de l’élection présidentielle, rend le Gouvernement plus efficace et devrait permettre de réaliser des économies sur le train de vie de l’État.

 

Nous proposons d’instaurer la proportionnelle pour la moitié des sièges des députés. Ainsi, les femmes, les diverses origines et expériences et tous les grands courants politiques seront représentés tout en permettant d’assurer une majorité.

Le Parlement doit redevenir un lieu du débat public sur les grands sujets nationaux et européens. Pour cela, supprimons les passages en force du Gouvernement (suppression de l’article 49 al. 3, du vote bloqué et des ordonnances sur les sujets importants) et renforçons son pouvoir d’enquête, de contrôle et de maîtrise de l’ordre du jour.

 

Pour échapper à la logique de clans, il faut soumettre les nominations des membres des autorités de contrôle au Parlement se prononçant à la majorité des 2/3, pour que soient nommés les plus compétents et non les plus proches du pouvoir.

Egalement, il devrait être interdit aux grands groupes privés vivant des commandes de l’État de posséder des médias. Renforçons les mesures anti-concentration dans les médias.

 

Pour que les Français prennent part à la vie politique, l’inscription sur les listes électorales doit être automatique et le vote blanc reconnu comme suffrage exprimé. Les citoyens devraient pouvoir saisir directement les autorités de contrôle ou alors le Conseil constitutionnel après avoir réuni un nombre conséquent de signatures.

 

Enfin, il ne faut pas omettre de réformer les institutions locales.

Tout d’abord, il convient de cesser le mouvement de décentralisation engagé depuis maintenant plus de 20 ans. Les élus et les citoyens attendent rapidement que le législateur clarifie les compétences allouées aux collectivités locales, notamment en termes de répartition entre les différentes administrations.

Ensuite, la clarification doit être aussi entreprise en matière de finances locales. Notre système de financement des collectivités territoriales est devenu une gabegie. La transparence et l’efficacité de l’action des élus locaux nécessitent une lisibilité des finances locales. Avoir des réformes fiscales chaque année ne peut plus durer !

Enfin, le troisième axe concerne la simplification administrative. Il faut arrêter la complication des procédures et des mesures prises.


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Jeudi 19 juillet 2007

François BAYROU : "l'accroissement de la dette est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français"

François BAYROU a dénoncé, lundi 16 juillet, à l'Assemblée nationale, le report à 2012 du retour à l'équilibre des finances publiques. Rappelant que cette décision n'avait jamais été annoncée pendant la campagne, François BAYROU a évoqué un "devoir d'alerte dans le domaine politique". Il a estimé que l'accroissement de la dette était "une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français".

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, 

En matière sociale, il y a un droit d'alerte. Eh bien, il y a, selon moi, un devoir d'alerte en matière politique.
M. Bouvard vient d'exprimer sa satisfaction de constater que les orientations budgétaires qui ont été arrêtées sont dans le droit fil des propositions annoncées par le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale. Il me semble au contraire que la disposition la plus importante n'avait nullement été abordée pendant la campagne présidentielle. 

Dès que vous avez été nommé, vous avez annoncé une "pause" dans la lutte contre le déficit budgétaire. Vous avez ainsi fait savoir à nos partenaires européens qui nous reportions à l'horizon 2012, et non plus 2010, le retour à l'équilibre des finances publiques en France. 

Or il n'en avait jamais été question. C'est même le contraire qui avait été dit pendant la campagne présidentielle. Les Français avaient en effet entendu que le déficit et la dette allaient désormais faire l'objet d'une vigilance générale. Les principaux candidats s'étaient tous prononcés en ce sens, souhaitant que l'effort ne soit pas relâché en la matière et qu'une politique de réduction du déficit enfin sérieuse soit menée. Nul n'ignore en effet que la dette financière constitue un risque très important pour la société française.
C'est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français. Nous sommes menacés de voir les prélèvements sur l'activité du pays exploser et, au bout du compte, mettre en cause la compétitivité de l'économie française et donc notre niveau de vie. C'est d'autant plus vrai qu'il y a maintenant une circonstance aggravante. Si pendant des années les taux d'intérêt ont été très bas, nous savons que nous allons inéluctablement entrer dans une période où ils vont être plus hauts, ce qui fait planer une menace bien réelle d'explosion du service des intérêts de la dette. 

Le sujet est d'autant plus brûlant - M. le rapporteur général y fait allusion dans son rapport - que, derrière la dette financière, il en existe une autre, moins apparente, mais encore plus inéluctable : je veux parler de la dette démographique. L'augmentation du nombre des personnes âgées, des retraités, le fait que la génération du baby-boom va atteindre l'âge de la retraite dans les années à venir, tout cela constitue une menace de très grands déséquilibres pour la société française, y compris financier. Nicolas Sarkozy a dit dans le débat entre les deux tours des élections que les retraites étaient financées jusqu'en 2020. Des guillemets s'imposent car nous savons tous qu'il n'en est rien et que nous allons, au contraire, vers des rendez-vous inéluctables.
Monsieur le rapport général, vous avez très souvent et fort justement insisté dans votre rapport sur les marges de manoeuvre, les "surplus durables" que vous avez estimés aux alentours de 10 ou 12 milliards d'euros.
Chacun sait ici que le déficit actuel s'établit à quelques 40 milliards d'euros et connaît le rythme obligatoire de baisse du déficit que nous devons respecter si nous voulons tenir le délai de 2010 ou 2012. M. Bouvard l'a rappelé à l'instant : 15 milliards par an pour 2010 et 10 pour 2012. Cette arithmétique-là est familière à chacun d'entre nous. 

Voyons maintenant ce qu'il faudra inscrire en face de ces diminutions obligatoires. Un grand institut de conjoncture a indiqué ce matin que le paquet fiscal allait coûter 14 milliards en 2008 et 17 milliards en année pleine. En outre, un certain nombre d'engagements de dépenses supplémentaires, réitérés avec force tout au long de la campagne électorale, ont également été pris. Permettez-moi d'en citer deux ou trois.
Nicolas Sarkozy s'est ainsi engagé à augmenter de 50% le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui représente actuellement 21 milliards d'euros. Je vous laisse imaginer quel rythme d'augmentation des dépenses il faudra suivre pour atteindre la hausse de 50%.
François Fillon a annoncé de cette tribune, dans son discours de politique générale, qu'il allait lancer un grand plan de désenclavement des cités, notamment en matière de transports en commun. Songez à ce que cela représente comme investissement ! 

Par ailleurs, nul ici n'oublie les engagements - sans doute politiques mais plus encore moraux - pris au regarde de l'état de nos prisons. On peut parler d'atteinte aux droits de l'homme pour ceux qui sont privés de liberté pour avoir commis des délits et des crimes.
Si donc on ajoute aux 14 à 17 milliards d'euros de cadeaux fiscaux les 5 à 6 milliards d'euros de dépenses supplémentaires, on arrive à plus de 20 milliards. Mais comment va-t-on financer ces dépenses fiscales ou budgétaires nouvelles qui font l'objet essentiel de ce débat d'orientation budgétaire ? 

La réponse habituelle, celle qui a encore été faire à cette tribune, notamment par M. Bouvard, c'est la réforme de l'Etat et la baisse du nombre des fonctionnaires liée au non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux?
A ce stade, un minimum d'arithmétique est nécessaire. Après M. de Rugy, qui s'y est appliqué sur plusieurs années, je vais m'y essayer sur un an : 35 000 départs à la retraite non remplacés équivalent grosso modo à cinq cents millions d'euros d'économies. Comme le Gouvernement a assorti le non-remplacement des agents de l'Etat qui partaient à la retraite d'un engagement qui est de rendre aux fonctionnaires la moitié des économies réalisées, ce ne sont plus cinq cents millions d'euros que l'on économise mais deux cent cinquante millions. Puis-je rappeler que, rapporté aux vingt milliards d'euros dépensés, cela représente moins de 2% des besoins de financement ? 

J'en viens à ma conclusion. Le choix que vous avez fait et qui est le contraire de ce qui était prévu et annoncé va soumettre à des tensions insupportables des secteurs entiers de l'action publique de notre pays, et ce d'autant plus que nous sommes contraints à une certaines discipline budgétaire en raison de nos engagements européens.
Si encore nous avions la certitude que le paquet fiscal allait dans le bon sens et permettait de relancer l'économie et la compétitivité, peut-être pourrait-on prendre ce risque. Mais les plus grands économistes, comme la plupart des instituts de conjoncture, indiquent qu'au contraire vos choix ne vont pas dans la bonne direction. Et ce n'est un secret pour personne qu'y compris dans les rangs de la majorité des inquiétudes se font jour à ce sujet.
Je voulais donc vous alerter à cette tribune sur les risques que font courir vos choix aux finances publiques de notre pays et, à terme, à l'ensemble de nos équilibres économiques.


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