par Jonathan RODRIGUES,
Conseiller municipal d’Epernay délégué aux Finances et
Rapporteur du Budget,
Vice-président de la Communauté de Communes Epernay Pays
de Champagne
Après mûre réflexion, j’ai décidé de quitter le Mouvement Démocrate et de démissionner de toutes mes fonctions au sein de ce mouvement :
Délégué départemental de la Marne, Membre du Conseil départemental et aussi Coordinateur régional des Jeunes Démocrates et Membre du Bureau des JDEM de la Marne.
Cette décision n’a pas été facile à prendre car je garde au MoDem des amis avec qui j’ai partagé des combats politiques et électoraux, des
discussions passionnantes, … ; et ce, depuis plus de 8 ans lors de mon adhésion à l’UDF.
Par respect envers vous, militants, adhérents ou sympathisants, et par souci de clarté et d’honnêteté, je veux vous donner les raisons de ma
démission:
· Des paroles peu fidèles aux actes - Un Mouvement Démocrate ?
Un mouvement qui ne respecte pas le choix de sa base et qui renie le vote de ses militants. Des décisions prises lors de conseils nationaux qui ne sont pas appliquées. Des promesses formulées sans avoir de suite (organisation de primaires, pilotage
des commissions d'investiture par des adhérents ayant refusé d'être eux-mêmes candidats,...).
On critique la peoplisation des ministres et des candidats chez les autres mais on investit les nôtres en fonction des mêmes critères ou alors
parce que « ça fait bien sur la photo ».
Enfin, le fait de ne vouloir rien entendre qui ne soit pas conforme à ce qu’on explique soi-même dénote à quel point les dirigeants sont enfermés.
Si une critique est émise au MoDem, cela signifie que l’on va « aller à la soupe », que nous refusons le combat, que « nous nous
plions face aux autres » …
Il n’y a, de la part des responsables du MoDem, aucune prise en compte des remontées des militants de base ; même pas une réponse à leurs
courriers ou mails afin de leur expliquer à quel point le National estime qu’ils sont dans l’erreur.
Les militants doivent voter sur des décisions prises en catimini ; ils doivent se prononcer pour ou contre 1 choix. Choix qui de surcroit a
été répandu dans la presse avant le dit vote.
· Le manque d'efficacité interne a conduit au manque d'efficacité politique
Militants, élus, cadres, sympathisants nous ont quittés. Nous nous sommes coupés de l'électorat et nous devons reconnaître
aujourd'hui que le Mouvement Démocrate n'est plus une force qui compte dans le paysage politique français, autrement que par un apport de voix marginal entre les deux tours.
Et cela, nous le devons aussi à nos défaillances organisationnelles internes et notre incapacité à structurer notre communication.
Mais, les problèmes de forme ne sont pas les
seuls. Des problèmes de fond m’ont également (et surtout) conduit à quitter le MoDem.
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Une ligne politique floue et à géométrie variable.
Les citoyens ne se reconnaissent plus dans notre Mouvement. Il n’y a pas de cohérence dans nos alliances. Notre
crédibilité est remise en cause car des personnes élues dans une structure avec la droite veulent se faire élire dans d’autres instances avec la gauche, ou inversement.
Ils ne savent plus où est le MoDem. Ils ne sont pas capables de dire quelles sont les orientations politiques du
MoDem, quelles sont les réformes qu’il compte apporter à la France. Et ce malgré le fameux Petit Livre Orange.
Des prises de position des quelques parlementaires MoDem qui sont en contradiction avec notre programme de
2007 ; ou alors l’absence de soutien aux parlementaires de droite ou du centre qui défendent ce que nous défendions il y a 3 ans à peine.
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Parler aussi avec la Majorité
J’ai adhéré en 2002 à l’UDF qui était associée à la droite. J’étais ravi lorsque l’UDF a avancé l’idée d’indépendance face à l’UMP ;
d’avoir une parole libre ! Nous pouvions dès lors défendre nos valeurs centristes, un programme humaniste, européen, social-libéral tout en étant des partenaires fidèles, respectés et
fiables.
Aujourd’hui, le MoDem est enfermé dans une posture d'opposition systématique au gouvernement.
Notre mouvement délaisse chaque jour un peu plus l'esprit de proposition et d'action qui est pourtant au cœur de l'identité centriste au profit
d'une logique de protestation pure et simple. Le pacte d'indépendance a rapidement été rompu, au profit
d'un basculement dans une opposition systématique.
Mais la mise en cause récurrente du chef de l'Etat ne
constitue pas en elle-même une alternative politique. Cette stratégie présomptueuse a mis en fuite tout un électorat pourtant enclin à voter pour la fameuse "troisième force indépendante".
Quant à l'espoir d'une alternance partagée avec les socialistes, il s'est chaque fois heurté au principe
de réalité : c'est une vérité qui vaut en amour comme en politique, pour s'aimer, il faut être deux. Depuis maintenant plus de deux ans, toutes nos sérénades au balcon des
socialistes ne trouvent comme écho qu'un inflexible "nous non plus". Dans la logique profonde des socialistes, le MoDem n'a pas sa place, et ne
l'a jamais eue.
Malgré ses maladresses et la redoutable sanction électorale qui en résulte à l'issue du scrutin régional, la majorité reste le point d'ancrage des réformes dont le pays a besoin, qu’on le veuille
ou non.
Qu'il faille un centre fort et libre pour l'équilibre de la vie politique française est une
évidence ; qu'il faille un simulacre du centrisme dans l'opposition ne semble convaincre personne.
J’estime que ce n’est pas moi qui ai changé mais que c’est le parti. Je respecte les
décisions et l’engagement de ceux qui sont partis et de ceux qui restent. J’espère que vous comprenez et respecterez mon choix. J’espère aussi que nous nous retrouverons un jour ou
l’autre.