Jonathan RODRIGUES
27 ans
Assistant de Sénateurs
Conseiller municipal d'Epernay, Capitale du Champagne
Vice-président de la Communauté de Communes Epernay Pays de Champagne
Posez-moi toutes vos questions : rodriguesjonathan@yahoo.fr ou 06.62.72.29.10
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Avec un taux record de 59,35%, c’est l’abstention qui est le grand vainqueur de cette élection en France. Il convient donc d’en tenir compte dans toutes les analyses à chaud. Au sein des 40% de suffrages exprimés, les partis qui soutiennent Nicolas Sarkozy ont obtenu 34,61%(UMP-NC 27,87% + divers droite 6,74%), les partis d’opposition gouvernementale 47,73% (PS 16,48%, Europe écologie 16,28%, Modem 8,45%, Front de gauche 6,05%, divers gauche 0,47%), l’extrême droite 6,85%, l’extrême gauche 6,14% et les autres 4,71%.
C’est donc une victoire apparente de Nicolas Sarkozy et un succès apparent des écologistes. C’est aussi une défaite apparente du PS et du Modem. Mais il faut se méfier de ce scrutin qui ne ressemble à aucun autre et qui ne présage pas du paysage politique dans des élections présidentielles ou législatives. Daniel Cohn Bendit a été la vedette de ce scrutin. Comme l’écrit Eric Zemmour dans le « Figaro » : « Cohn-Bendit avait jusque-là joué parfaitement le rôle du joueur italien Materazzi. Celui qui insulte, exaspère, irrite tant l’adversaire qu’il en devient fou de rage. Et perd ses nerfs et la coupe du monde. La rouerie jusqu’au cynisme ; la décontraction jusqu’à la séduction ; le tutoiement chaleureux jusqu’au mépris. Cohn-Bendit est tout cela à la fois. » Le PS a failli arriver en 3° position par manque de véritable programme alternatif et d’unité interne. Le Modem a été victime de la personnalisation excessive de François Bayrou. Tout s’est joué dans la dernière semaine. Dans le sondage TNS Sofres, réalisé à la sortie des bureaux de vote, 80% des personnes interrogées disent avoir pris leur décision dans la dernière semaine. 45% disent avoir voulu manifester un mécontentement à l’égard du gouvernement, contre 30% un soutien.
Incontestablement, François Bayrou a pénalisé la campagne des listes Modem en accaparant la parole et en publiant top tôt son excellent livre « Abus de pouvoir ». Cette personnalisation trop forte le fait tomber dans le travers qu’il dénonce, à juste titre, chez Nicolas Sarkozy. Il faut donc absolument que le Modem, tout jeune parti politique, se dote d’une véritable direction élargie et ne fonctionne pas par dévotion ou par rejet du chef, gourou pour les uns, distant pour les autres. Les qualités de François Bayrou sont exceptionnelles et c’est d’ailleurs pour cela que les autres leaders veulent l’abattre. Il incarne une véritable alternative de société. Comme le dit très justement Jean François Kahn, le Modem n’a pas vocation à être à gauche ou à droite, ni même au centre, mais devant. En se positionnant trop fortement comme premier opposant à Nicolas Sarkozy, François Bayrou retombe dans le système binaire qu’il dénonce. Refusant la droite, il ne peut qu’être positionné à gauche. Or, le Modem est devant la droite et la gauche pour incarner une alternative humaniste. Nous avons voulu sortir du jeu des alliances politiciennes pour porter un message nouveau. Le vote blanc aux présidentielles exprimait ce refus du choix de l’un contre l’autre. Nous appelions de nos vœux une véritable union nationale. Il nous faut donc sortir des attaques de personnes pour défendre ce qui va dans le sens d’une société plus juste, équitable et durable et pour critiquer tout ce qui favorise les inégalités. Nous ne devons pas nous isoler pour autant.