Lundi 29 juin 2009
par Jacques Jeanteur, Conseiller régional MoDem de Champagne-Ardenne


Le discours de Nicolas Sarkozy à Versailles marque-t-il un tournant dans son quinquennat ? Il faut l’espérer. Après avoir voulu remplacer le modèle social français par le modèle anglo-saxon, le Président vient de faire une rupture totale avec son discours électoral. Il nous dit : « Bien sur, pendant trente ans, les valeurs françaises ont été à contre-courant  de celles qui dominaient l’économie et la politique mondiales. Mais, qui ne voit que la crise mondiale crée de nouveau des circonstances favorables à cette aspiration française à mettre l’économie au service de l’homme, et non l’inverse…Au moment même où s’impose à tous la nécessité de réguler la mondialisation et les marchés, le modèle français a de nouveau sa chance. » Après les graves erreurs du bouclier fiscal, des débauchages d’individualités de gauche,  Nicolas Sarkozy donne enfin l’impression de devenir le Président de tous les français. C’est sa première rupture intéressante. Certes, le faste monarchique de Versailles sied mal à un appel à l’union nationale, certes, le refus du débat augure mal de l’écoute des forces politiques, sociales et économiques, mais il faut savoir espérer que la mutation soit réelle. Eric Fottorino dans son éditorial du « Monde » compare le discours de Versailles au credo du Conseil National de la résistance en 1944. « Pour libérer la France, gaullistes, communistes, socialistes et démocrates-chrétiens firent cause commune, avec les syndicats, dans un but de rénovation sociale toujours d’actualité. »


           
On ne peut qu’être d’accord avec cette rupture avec la première année du quinquennat quand il dit : « Je veux dire que pour atteindre l’égalité, il faut savoir donner plus à ceux qui ont moins, il faut savoir compenser les handicaps de ceux auxquels la vie a donné d’emblée moins de chances de réussir qu’à tous les autres. »  La composition du nouveau gouvernement traduit aussi un tournant. Les ministères importants sont confiés à des personnes chevronnées. Michèle Alliot-Marie remplace avantageusement Rachida Dati. Luc Chatel, régional, devrait être un ministre de l’éducation attentif aux vrais problèmes des jeunes. Xavier Darcos et Brice Hortefeux sont des fidèles, dont on espère qu’ils sauront muer avec leur mentor. Frédéric Mitterand est incontestablement un grand homme de culture et Michel Mercier est un grand spécialiste de la ruralité. Il faut que chacun des ministres  soit un vrai acteur avec ses compétences et ses convictions, et non plus une marionnette ne sachant qu’applaudir de manière courtisane aux caprices de son monarque. Malgré le côté catalogue de son discours, j’ose croire que la crise a ouvert les yeux de notre Président. Je suis prêt à oublier les grosses erreurs ses premières années de présidence : sa fascination pour Georges Bush, son obsession de satisfaire ceux qui ont l’argent au détriment de ceux qui en manquent, son obsession de museler et de ridiculiser l’opposition. Espérance et confiance ne sont pas encore approbation, mais cela ouvre la voie d’un dialogue respectueux.


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