Mardi 25 juillet 2006

La réponse est simple: les jeunes d'aujourd'hui. En effet, si l'on ne fait rien pour inverser la courbe, notre dette publique (66,8% du PIB en 2005) aura doublé en 2020 (130% du PIB) et pourrait être multipliée par 5 en 2040.

 

L'Etat serait alors en faillite et le poids des intérêts de la dette extraordinaire: de 40 milliards d'euros aujourd'hui (le 2ème poste de dépenses de l'Etat après l'Education) , il passerait à 120 milliards en 2030.

 

Le trou de la Sécurité sociale est abyssal, malgré la réforme Douste-Blazy qui a eu des effets très limités. Certes, le déficit s'est réduit grâce à la moindre hausse des dépenses (+3,8% contre 4,9%).

 

Mais des projets censés réaliser des économies (dossier médical informatisé, rationalisation de la gestion hospitalière) se sont avérés infructueux

 

Aussi, la réforme Fillon des retraites, ayant suscité beaucoup de manifestations et de grèves en 2003, est insuffisante. Il y a aujourd'hui 1,6 actif cotisant pour 1 retraité. Dans 25 ans, on n'en comptera plus que 0,8.

 

Il faut aussi savoir que notre pression fiscale est l'une des plus élevées des pays industrialisés. Même si la France ne détient pas le record des cotisations obligatoires (elle reste devancée par la Suède et le Danemark), c'est elle qui les a le plus augmentés depuis 15 ans: en 1990, ils n'étaient "que" de 42%, en 2006, on a dépassé les 45%. Les pays scandinaves, quant à eux, ont réduit leur pression fiscale et baissé leurs dépenses publiques.

 

Enfin, il convient de préciser que si notre dette augmente, c'est en partie dû au fait que le nombre de fonctionnaires a explosé. Un million de plus en 20 ans.

 

Les effectifs des fonctions publiques d'Etat, hospitalière et territoriale étaient de 4 020 000 en 1982 et de 5 100 000 en 2004.

 

Il n'y a pas 36 solutions pour équilibrer un budget: soit on augmente les recettes (c'est-à-dire les impôts et les taxes), soit on réduit les dépenses.

 

En France, aujourd'hui, il n'est plus convenable d'augmenter la pression fiscale. Les Français ne peuvent plus être ponctionnés un peu plus.

 

Il faut réduire les dépenses de l'Etat : au moins 15% d'ici à 2030.

 

Tout cela est possible sans nuire à la qualité et à l'efficacité du service public.

 

Il faut du courage, de la concertation et de la réflexion sur les missions de l'Etat pour que les futures générations (dont j'ai le privilège de faire partie) ne soient pas dans la situation de l'Argentine il y a quelques années. 

 

 

par Jonathan RODRIGUES publié dans : jonathan.rodrigues
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